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KILL BAMBI Création de JEROEN VERBRUGGEN Costumes et scénographie : Maison de Couture «ON AURA TOUT VU »

KILL BAMBI
Création de JEROEN VERBRUGGEN
Costumes et scénographie : Maison de Couture «ON AURA TOUT VU"
La Compagnie des Ballets de Monte Carlo nous donne à voir au mois d’avril une performance qui se distingue à nouveau par la diversité des approches chorégraphiques proposées et sa qualité d’interprétation.
Jean-Christophe Maillot nous donnera l’occasion de revoir à Monaco une oeuvre qui a fait le tour du monde : Altro Canto I, un ballet captivant qui entre en résonance visuelle avec la musique puissante de Monteverdi. Une voûte de bougies servant d’écrin à l’architecture des corps et à leurs frémissements éclaire d’une lumière douce, presque liturgique, les courbes des mouvements. L’art des cathédrales se fait charnel et les statues d’églises deviennent matière vivante.
Le public pourra ainsi découvrir BODY REMIX les VARIATIONS GOLDBERG Acte 1, pièce emblématique de la chorégraphe canadienne Marie Chouinard, qui pour la première fois propose cette oeuvre mondialement célèbre à une autre compagnie que la sienne. Les Ballets de Monte-Carlo exécuteront une succession de variations sur l’exercice de la liberté. Les danseurs apparaissent, souvent sur pointes en s’appropriant différents supports - béquilles, cordes, prothèses, barres horizontales, harnais... qui parfois libèrent le mouvement, parfois l’entravent, parfois le créent.
À la demande de Jean-Christophe Maillot, Jeroen Verbruggen, jeune soliste des Ballets de Monte Carlo au style impulsif et virtuose, s’est mis en relation avec la maison de Couture « On aura tout vu », découverte à Monaco pour avoir signé la muséographie de la récente exposition de poupées de la collection Galéa à la Villa Sauber. De cette collaboration est née Kill Bambi une oeuvre « pour grandir » qui déborde d’énergie et dans laquelle les univers de ces différents artistes au caractère bien trempé fusionnent à merveille.
Cela fait maintenant trois ans que le personnage de Bambi obsède Jeroen Verbruggen. Ce danseur des Ballets de Monte-Carlo connaît régulièrement des périodes au cours desquelles un animal accapare son esprit tout entier. Il y a quelques années, les poissons rouges nageaient déjà dans le bocal de son crâne et c’est au terme d’un workshop intense qu’il s’en était libéré. Cette fois encore, c’est Jean-Christophe Maillot qui lui a permis d’exorciser le cervidé qui le hantait. À la demande du Chorégraphe Directeur des Ballets de Monte-Carlo, Jeroen Verbruggen a collaboré avec la maison de couture « On aura tout vu », découverte à Monaco pour avoir signé la muséographie de la récente exposition de poupées de la collection Galéa à la Villa Sauber. Entre le jeune chorégraphe qui veut explorer les peurs qui nous font grandir et les créateurs de cette maison.
Kill Bambi est une chorégraphie nerveuse et agitée, à l’image de ces faons, toujours sur le qui-vive à cause « du danger », expression énigmatique désignant l’Homme et que Disney distillait à merveille dans son film. Ce même danger tue la mère de Bambi et ne lui laisse pas d’autre choix que de grandir. Un coup de fusil qui propulse Bambi dans le monde des adultes et dont la détonation suivie du silence sonne le départ irrémédiable d’une enfance anéantie. Dans la pièce de Jeroen Verbruggen, le danger prend différentes formes, l’autoroute par exemple, et à chaque fois qu’il frappe, un grand rideau rouge s’abat sur la scène.
À travers Kill Bambi, oeuvre aussi chaotique que minimaliste (les deux ne sont pas incompatibles pour le chorégraphe), Jeroen Verbruggen se demande ce que signifie grandir, cette étrange et perpétuelle initiation dont on n’aperçoit jamais la fin.
« Grandir…
Certains mettent du temps alors que d’autres brûlent les étapes.
Certains s’y refusent tandis que d’autres l’espèrent.
Souvent, les événements et le hasard accélèrent le cours du temps sans nous demander notre avis.
Et puis il y a ceux qui cherchent à revenir vers l’enfance.
Mais peut-on vraiment revenir en arrière ?
C’est cette dernière question que pose Kill Bambi et c’est pour cela que j’ai souhaité commencer par la fin.
Sur le chemin du retour, la douleur est toujours là. Elle nous guette et revient, rendue plus vive encore par l’acuité d’un regard qui a vieilli et qui parfois sait l’affronter avec humour (Jeroen Verbruggen)
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